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Lait sans OGM : un pari gagnant à tous les coups ?

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La vague du lait issu de vaches nourries sans OGM touche la France. Après l’Allemagne, premier client de la France à l’export de produits laitiers sans OGM, les consommateurs français commencent aussi à solliciter des produits non-OGM dans leurs assiettes, pour des raisons éthiques ou environnementales (baisse de l’empreinte carbone du lait). En conséquence, de plus en plus de laiteries françaises proposent à leurs producteurs de nouveaux cahiers des charges, basés sur une production sans-OGM, quasiment toujours couplés à une durée minimale de jours de pâturage pour les vaches. L’appât du gain semble intéressant, mais est-il rentable de s’engager dans ces démarches ?

La plus-value pour les éleveurs souhaitant répondre favorablement à ces nouveaux cahiers des charges « Sans OGM » est de 10 à 15 € par 1000 litres de lait en moyenne. Avant de s’engager, il est primordial de se poser les bonnes questions : Le gain de produit sera-t-il supérieur à la hausse des charges ? Cela impliquera-t-il un changement de mon système ? Y’a-t-il des contraintes supplémentaires ?

Le rapport entre les produits et les charges supplémentaires est à raisonner en fonction du système initial. Plus la ration va contenir de matières premières (MP) OGM à l’origine, plus la différence de coût des rations sera élevée. A matières premières équivalentes, le sans OGM va coûter plus cher (70 à 80 € / t pour le soja ; 15 €pour le concentré énergétique). En revanche, en modifiant les matières premières, le coût peut être plus faible. L’exemple le plus couramment utilisé est de substituer 1 kg de soja OGM par 1,5 kg de tourteau de colza non OGM. Certaines études ont même démontré que, selon la qualité des fourrages et la part d’herbe pâturée dans la ration, 1,3 kg de colza pouvaient suffire en substitution du kg de soja. Il faut également penser ajuster le concentré de production.

Exemple : Simulations de rations avant et après l’adhésion à une cahier des charges « Sans-OGM »

Dans les 2 premières situations, l’éleveur est gagnant à souscrire à ce cahier des charges. Pour être perdant, il faudrait que le différentiel de coûts entre le colza et le soja diminue de 10 € / t ou que la production annuelle par vache baisse de plus de 1000 kg à coûts égaux. La troisième situation est à l’équilibre, donc plus à risque si le coût du soja non-OGM augmente ou que la PL / VL baisse.

Dans n’importe quel système d’élevage, si le prix du tourteau de colza (sans OGM) est inférieur à 75 % du prix du tourteau de soja (OGM, importé d’Amérique), alors le tourteau de colza devient économiquement intéressant dans les rations. Dans certaines situations, la production de lait se fait déjà sans OGM (système très pâturant par exemple ou choix de l’éleveur) : il n’y aura donc pas d’augmentation du coût alimentaire. La totalité du montant de la plus-value sera donc intégrée dans la marge sur coût alimentaire. Attention, ces calculs ont démontré que l’engagement est soumis à un risque important lié à la volatilité des coûts des MP. Une limite peut apparaitre : si le sans OGM se développe, les besoins en protéine non OGM vont être très importants et peut-être entraîner un déficit d’approvisionnement et une inflation importante du prix. Sans que la corrélation ne soit réellement démontrée, cette situation a été visible ces derniers mois, avec une parité soja-colza défavorable à l’aliment non-OGM, pour la première fois depuis plusieurs années. Bien que la situation semble aujourd’hui un peu plus favorable au colza, des questions peuvent se poser sur l’avenir.

parité

Si le prix du tourteau de colza est inférieur à 75 % du prix du tourteau de soja, alors le tourteau de colza devient économiquement intéressant dans les rations.

A RETENIR

Avec une rémunération supplémentaire du lait (> 10 € / 1 000 L), les orientations vers un lait qui corresponde à la demande peut être intéressante pour les éleveurs. Ce pari est cependant soumis à la volatilité des coûts des matières premières. Les risques pour adhérer à ce type de contrat restent minimes si le parcellaire et les structures de l’exploitation sont adaptés car les évolutions du système sont en général peu importantes et peuvent facilement être réorientées si nécessaire. En revanche, si des modifications conséquentes du système sont nécessaires (aménagement du parcellaire, implantation de nouvelles cultures fourragères,…), il est alors indispensable de faire une étude du système intégrant des simulations plus complètes car il n’est alors plus garanti que le pari soit gagnant.

BCEL Ouest peut vous accompagner, n’hésitez pas à en parler à votre conseiller référent.

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